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Historique
Modifié par
le - 2 janvier 2008
L’intégration de Christian Cuxac dans l’UFR SDL de l’université Paris 8 en 1998 puis dans l’UMR 7023 s’est traduite par l’ouverture d’un axe de recherche intitulé dans un premier temps « langue des signes ». Deux thématiques y ont été initialement développées : la poursuite de la description de la langue des signes française (LSF) et l’émergence et le développement structural des langues des signes (LS). La description de la LSF fondée sur ses caractéristiques iconiques se démarquait de l’ensemble des travaux consacrés aux différentes LS dans le monde (Cuxac 1996, 2000). Elle reposait sur l’hypothèse que les locuteurs de ces langues, langues visuo-gestuelles, disposent de deux voies sémiologiques distinctes pour dire : dire sans donner à voir, dire en donnant à voir. Cette hypothèse était étayée par l’analyse de nombreux corpus d’activités de récits où la visée illustrative, qui donne à voir, était particulièrement développée. Par ailleurs, cette bifurcation de visées succède à un processus d’iconicisation de l’expérience perceptivo-pratique mis en œuvre par les enfants sourds sans contacts avec une langue des signes communautaire ; ce processus d’iconicisation, en tant qu’aptitude cognitive, est à la base de toutes les LS pratiquées actuellement dans le monde. La thématique de l’émergence donnait ainsi une cohérence diachronique et ontogénétique à l’hypothèse phylogénétique de la bifurcation des visées, observée en synchronie dans les langues des signes à histoire institutionnelle longue comme la LSF.
Ces thématiques ont été accompagnées par les recherches de deux doctorantes devenues membres titulaires depuis leur intégration comme maître de conférences à l’université Paris 8 en 2004- Marie Anne Sallandre puis en 2005 - Ivani Fusellier-Souza. La thèse de Marie Anne Sallandre se basant sur un vaste corpus recueilli au cours du projet LS Colin dans le cadre de l’opération Cognitique 2000 était consacrée à la description exhaustive des structures de grande iconicité ainsi qu’au va-et-vient entre visée illustrative et visée non illustrative en particulier dans le cadre de conduites narratives.
La thèse d’Ivani Fusellier-Souza était consacrée à la description de langues des signes émergentes de trois locuteurs sourds brésiliens sans contact avec la communauté linguistique des sourds du Brésil.
Fin 2002, deux nouveaux membres titulaires intégraient l’équipe langue des signes : Dominique Boutet et Brigitte Garcia, apportant avec eux de nouvelles thématiques, interrogeant les liens de proximité éventuels entre gestualité co-verbale et LS (Dominique Boutet) et la scripturalité des langues des signes (Brigitte Garcia). L’élargissement de l’équipe se traduisait du même coup par un changement d’intitulé ajoutant « formalisation de la modalité visuo-gestuelle à « langue des signes ». B. Garcia s’est intégrée comme maître de conférences dans l’UFR SDL de l’université Paris 8 en 2006. Actuellement, l’intitulé de l’équipe s’est abrégé à "langues des signes et gestualité" et deux autres membres se sont intégrés : Marion Blondel(chargée de recherche au CNRS) et Pierre Guitteny (membre associé). L’équipe compte aussi avec le fort dynamisme d’une dizaine de doctorants et post doctorants.
Parallèlement à ces activités de recherche, la filière langue des signes de l’UFR sciences du langage de l’université Paris 8 s’enrichissait de nouvelles formations :
dans le cadre de la formation permanente : un DPCU d’enseignement de la langue des signes comme langue 2 pour un public d’apprenants entendants, une licence professionnelle « enseignement de la langue des signes langue 1 et/ou langue 2 en milieu scolaire » (2004) et un DFSSU d’interprétariat langue des signes française/français (2000),
dans le cadre de la formation initiale, le passage au LMD permettant de transformer le DFSSU en Master professionnalisant SDL spécialité interprétariat en langue des signes et de créer deux parcours LSF au sein du master recherche « linguistique théorique et descriptive » et du master recherche et professionnalisant « didactique des langues étrangères » permettant à l’équipe de constituer un vivier de jeunes chercheurs.
L’UFR SDL complétait sa propre équipe en renouvelant un poste PAST destiné à un enseignant sourd, Nicolas Médin, professeur de LSF et doctorant chercheur associé à l’UMR.
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